Prix de la Valorisation : des chercheurs entreprenants!

L’Université Paris-Sud 11 a organisé le 9 juin dernier la Cérémonie de remise des Prix de la valorisation 2010 lors de laquelle trois projets ont été distingués. Créés en 2000, les Prix de la Valorisation sont destinés à encourager le transfert de technologies issues des recherches faites à l’Université Paris-Sud en direction des entreprises, de l’industrie. Focus sur les trois projets distingués.

Les lauréats de gauche à droite : René Farcy, Delphine Borgel et Dafiné Ravelosona

Le dépistage systématique du cancer du sein concerne l’ensemble de la population féminine de plus de 40 ans. Parmi les cas suspectés, 9 patientes sur 10 subissent une opération traumatique non nécessaire. Le «Fluorimètre Tumoral» est une nouvelle méthode peu invasive de diagnostique du cancer du sein, complémentaire de la mammographie et de l’échographie. Une aiguille, contenant une fibre optique, est insérée dans le sein de la patiente sous guidage échographique. Le signal lumineux de florescence qui est récupéré s’avère 3 à 5 fois plus intense lorsque le tissu est cancéreux. L’information est ainsi obtenue en temps réel. La fluorescence est produite par une lumière bleue non mutagène. Cette nouvelle méthode présente de nombreux avantages parmi lesquels la facilité de mise en œuvre lorsqu’il faut explorer plusieurs nodules ainsi que la localisation en temps réel de la zone tumorale. Elle apporte des informations complémentaires dans les cas incertains suite à la mammographie et l’échographie. Les aiguilles utilisées sont à usage unique, l’examen dure quelques dizaines de secondes. Un prototype a été réalisé et ce travail a fait l’objet d’une demande de brevet déposé en juillet 2009. Une étude clinique sur 500 patientes a été mise en place.

Projet lauréat
Le « Fluorimètre Tumoral » est le projet lauréat des Prix de la valorisation 2010. Outre le chèque de 3 000 € dont bénéficient les deux autres projets distingués, il se voit également attribuer une subvention de 40 000 €.

Contact

René Farcy
UFR SCIENCES
CLUPS (Centre Laser Université Paris Sud)
Email :  rene.farcy@u-psud.fr
Tel : 01 69 35 20 86

Lutter contre les infections sévères

© M.LECOMPT

Les infections sévères comme les chocs septiques sont des pathologies graves et souvent mortelles. Le projet baptisé VATSEPS (Variants de l’Antithrombine et traitement du sepsis sévère) consiste à développer un médicament ayant des effets anti-inflammatoires importants, tout en limitant les risques de saignement. Certains coagulants naturels comme l’antithrombine (AT) possèdent, en plus de leur capacité à inhiber la coagulation, des effets anti-inflammatoires ou plus largement cytoprotecteurs dépendants de leur capacité à lier les héparans sulfates. Ces deux processus, coagulation et inflammation, étant largement impliqués dans la physiopathologie du sepsis sévère, plusieurs inhibiteurs de la coagulation ont été testés dans le traitement de cette pathologie. En s’appuyant sur les connaissances que nous avons acquises sur le fonctionnement de l’AT, l’équipe a mis au point une AT recombinante possédant une activité anticoagulante réduite et une affinité augmentée pour l’héparine qui devrait présenter un avantage dans le traitement du sepsis sévère. En effet, l’affinité du variant d’AT pour les héparans sulfates cellulaire étant augmentée, il sera potentiellement doué d’une activité cytoprotectrice majorée. De plus, ce variant ayant une activité anticoagulante réduite, il pourra être testé, in vivo, à de fortes doses (250 Ul/ kg/j, doses auxquelles les cytoprotecteurs de l’AT sont observés) sans risque d’engendrer un syndrome hémorragique. Un tel produit pourrait trouver un débouché dans un domaine où l’arsenal thérapeutique est bien pauvre. Les retombées en termes de marché seraient considérables, puisqu’on compte à titre indicatif 750 000 cas de spesis sévère par an aux USA. D’autres indications pourraient être envisagées, comme une utilisation dans les accidents vasculaires cérébraux ou les transplantations d’organes, l’objectif dans ces situations étant de limiter les altérations cellulaires induites par l’ischémie/reperfusion qui y est associée. Or l’AT a des effets cytoprotecteurs clairement établis dans de telles situations.

Contact

Delphine Borgel
UFR PHARMACIE
Laboratoire d’Ingénierie des protéines de l’hémostase à potentialité thérapeutique
Email : delphine.borgel@u-psud.fr
Tel : 01 46 83 59 54

Améliorer les propriétés physiques des nanostructures et nanoparticules

Le développement des composants électroniques, les plus petits notamment, passe encore par la résolution de nombreux défis sur les plans scientifique et technique. L’un des points clés notamment est d’être capable de s’assurer de l’homogénéité des caractéristiques physiques des nanocomposants pour garantir la fiabilité du dispositif. Le projet consiste justement à utiliser un procédé reposant sur l’irradiation par des ions légers pour optimiser les fonctionnalités de nanostructures et de nanoparticules. Ce projet mettra en œuvre une source d’ions dédiée dont le prototype a été développé à l’Institut d’Electronique Fondamentale (IEF). Ce même instrument permettra de contrôler les propriétés physiques de nanostructures magnétiques présentes dans des composants de haute-technologie, comme par exemple les futurs disques durs et les mémoires magnétiques de nouvelle génération. Deux brevets ont d’ailleurs été déposés par l’équipe de l’IEF concernant la manipulation des propriétés magnétiques par irradiation.

D’autre part, des nanoparticules de diamant peuvent être rendues photoluminescentes par « l’activation » de centres colorés impliquant des lacunes dans la maille de diamant, créées par irradiation (centres colorés azote-lacune, NV). Des travaux récents menés notamment au Laboratoire de Photonique Quantique et Moléculaire (LPQM) de l’ENS Cachan ont montré le potentiel de ces nanoparticules comme marqueur cellulaire ou comme sonde de champ magnétique de faible amplitude, et à des échelles nanométriques. Si l’irradiation peut être réalisée dans un accélérateur d’électrons ou de protons, les flux et énergies disponibles ne conduisent pas facilement à la production de quantités suffisantes permettant le développement des applications. Le projet mettra en œuvre une solution alternative reposant sur l’irradiation par des ions légers couplée à des effets de chauffage permettant une optimisation in situ de la production des lacunes. L’équipe de l’IEF et celle du LPQM sont partenaires du projet C’Nano Ile-de-France « SILTEN » retenu lors de l’appel d’offre Valorisation 2009. Dans le cadre de ce projet, les applications possibles dans le domaine du post-traitement de nanostructures seront recensées et testées, afin de proposer une telle prestation à la commercialisation. L’optimisation des conditions de création efficace de centres colorés NV sera menée dans la perspective d’un dépôt de brevet. Une étude de marché destinée à tester la viabilité d’une création d’entreprise sera réalisée par un doctorant en troisième année dont la candidature a été retenue pour suivre la formation entrepreneur de C’Nano IdF et de l’Ecole Centrale Paris à l’issue de sa thèse.

Contact

Dafiné Ravelosona
UFR SCIENCES
Institut d’Electronique Fondamentale
Tel : 01 69 15 40 09

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